Mardi 31 mars 2009
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Chapitre 11
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Cette idée remplaça l’image du corps de Mynah dans mon esprit et une seule chose m’obsédait maintenant : je risque
de mourir à n’importe quel moment !... Je ne sais de quelle façon mais pour que nous restions unies, c’est bien cela qui doit arriver... C’est du moins ce que je pense...
La suite de la journée s’annonçait difficile. Les policiers avaient bien conclu à un suicide, le corps avait été
retiré et tout ce petit monde commençait à déserter la maison. Quelques uns s’inquiétaient de me savoir seule pour la soirée. Combien de fois ai-je dû dire « ça ira, merci ! » !? Je n’avais
qu’une envie : être seule pour pouvoir réfléchir à tout cela.
Lorsque le dernier policier quitta la maison, je m’enfermai et évitai d’aller dans la cuisine. Le plus dur était à
venir… Ma première soirée complètement seule. Que la maison me paraît grande et vide ; et comme je me sens inutile… Je ne peux appeler personne. Je ne suis plus rien…
« De quoi se plaint-elle ? » allez-vous dire ! « Elle n’est plus torturée maintenant !... » Mais … c’est bien pire.
Ma torture est désormais intérieure et des montagnes de questions m’accablent. Dois-je vivre comme une personne normale et attendre une mort certaine et imminente ? Dois-je essayer de développer
mes pouvoirs pour lutter contre cette mort qui m’attend ou bien … Dois-je me tuer pour retrouver les miens au plus vite ?
J’avoue que cette dernière idée n’est pas la plus réjouissante mais c’est pourtant celle qui me revient le plus en tête ce soir. Je me vois mal assumer cette maison, ces pouvoirs et cette vie
seule, sans PERSONNE pour m’épauler.
Oh ! Bien sûr, je pourrais enfin me mêler à la civilisation, faire des rencontres… mais je n’ai jamais été habitué
à cela, je n’y arriverai pas.
Voyez comme le début de la fin me va bien ! La moindre idée positive qui jaillit en moi s’évanouit en un instant !
Je ne peux vivre ainsi… Je dois donc mourir !
Et oui, c’est ce qu’il me restera de cette soirée : JE DOIS MOURIR. Maintenant, le tout est de savoir comment ?
Je ne ferais pas comme mes sœurs ! Le couteau n’est pas pour moi ! Trop brutal et trop violent. Je cherchai une
idée pour mourir à la fois vite et sans trop de souffrances. J’ai bien assez souffert dans la vie pour devoir souffrir dans la mort…
Je me lève alors de mon fauteuil pour la première fois depuis que je suis seule. Je suis comme dans un état second,
mon regard est vide, mes mains sont moites et mon teint est livide. Je me rend à la salle de bain, ouvre l’armoire à pharmacie et cherche quelque chose de fort pouvant me tuer presque
immédiatement. Il n’y a pas grand chose dans cette pharmacie… Des pommades contre les bleus, d’autres contre le mal de dos, des lotions désinfectantes, quelques cachets en vrac. Voyons … de
l’aspirine, même en grande quantité, cela ne doit pas faire grand mal… les cachets contre le mal de ventre encore moins… Ah ! Voilà que je tombe sur quelque chose d’intéressant : des cachets
contenant de grandes quantités de morphine !... Je ne sais pas d’où ils proviennent mais qu’importe… Ils sont là ! Et … oh ! La date de péremption est dépassée de deux ans ! C’est parfait ! Je
prends alors un grand verre d’eau et avale tous les cachets restants dans la boîte soit une quinzaine…
Je retourne au salon. La descente de l’escalier me paraît bien difficile !... A chaque marche, ma vue se trouble un
peu plus… Je me demande si j’arriverai jusqu’au fauteuil !... Une marche de plus, puis deux, puis trois… Et bien non, je n’y arriverai pas ! Je chancelle, tente de me rattraper à la rambarde mais
la loupe. Et me voilà dévalant les dernières marches de l’escalier en roulé-boulé. Ma tête heurte violemment les marches mais je ne sens rien. Sûrement des effets de la morphine.
Voilà, je suis en bas. Tout est flou puis soudain, un voile noir. Je pense que c’est la fin…Je me laisse aller, voulant partir afin de rejoindre les miens… L’instant où la vie vous quitte dure
une éternité mais il est là, je le sens qui arrive… Adieu !
FIN