
Nom et prénom :
Solarys (elle n'a pas de nom de famille mais si elle s'en souvenait, se serait Volae)
Race : Vampire
Sexe : Femme
Age : 25 ans en apparence mais, bien plus en
réalité...
Taille : environ 1m75
Aspect général : Elle a les yeux bleus très clairs, les cheveux
roux avec des reflets bruns et elle a la peau extrêmement claire voire blanche. Elle est le plus souvent vêtue de noir ou de rouge, jamais de blanc. Ses hauts sont en général très moulants et en
bas, elle porte souvent une jupe longue de velour noir.
Pouvoirs : Suceuse de sang !!! Elle peut également se
transformer en chauve-souris et en son animal totem, elle peut contrôler l'esprit mais, elle ne maîtrise pas vraiment ce pouvoir. ( = capacités des vampires en général! ) Sinon, elle fait de la
télékinésie.
Faiblesses : En tant que vampire, elle ne peut bien sûre sortir
que la nuit !... Elle se laisse souvent guider par son coeur, elle est trop sensible.
Histoire :
PARTIE 1 :
Je suis née il y a bien longtemps dans une famille très riche. Mes parents étaient
comte et comtesse et disposaient de nombreuses terres. Leur domaine était un des plus grand du royaume. Ils étaient enviés par pas mal de gens. Ils étaient très généreux envers tous ceux qu'ils
croisaient. Même les plus mauvais avait droit à quelque chose, dans l'espoir que cela les rende meilleurs. Ils étaient donc enviés mais également détestés par les familles du même rang qu'eux.
Ces gens n'appréciaient pas qu'une famille d'un tel rang s'abaisse à tant de familiarité avec les gens du village (fermiers ou serviteurs...). Ils n'appréciaient pas non plus que notre famille
soit plus aimée et plus riche (malgré tout ce qu'elle donnait) que la leur.
Lors de mon enfance, au début, tout allait pour le mieux jusqu'à ce que j'aille à l'école. Là, j'étais entourée de tous ces enfants de niveau social égal au mien et ils avaient tous entendu leurs
parents déblatérer sur ma famille. Ainsi, ils adoptaient les attitudes de leurs parents en me repoussant et en m'en faisant voir de toutes les couleurs. Ainsi, il m'est assez souvent arrivé de me
retrouver bloquée dans les sanitaires ou pendue la tête en bas en haut d'un arbre ou encore recouverte d'encre. Mais, pour le bien de la famille et sa popularité, je ne disais rien. J'appliquais
cette phrase bien connue qui dit : "Si on te giffle, tend l'autre joue". La plupart du temps, les autres enfants me laissaient tranquile au bout de quelques
minutes, blasés de ma lassitude.
Adolescente, je ne réagissais plus du tout de la même façon. A cet age, mon caractère était totalement différent et je commençai à jouer les rebèles. Bien sûr, cela n'était pas bon pour l'image
de la famille... Mais plus mes parents me réprimandaient sur mon attitude et plus j'en faisais. Combien de fois ai-je entendu des phrases du style : "Nous ne te
priverons pas de voir tes amis, nous savons que tu en as besoin pour t'épanouir mais, à l'avenir, évite ce genre de chose" ou bien : "Tu devrais vraiment
arrêter tes sotises ma fille, souviens toi de la phrase qui régit notre famille". Et, cette phrase, vous la connaissez déjà, je vous l'ai citée plus haut ! Ces réprimandes ne me touchaient
guère. Mes parents n'ont jamais su faire preuve d'autorité avec moi. Sachant que lorsque j'étais enfant, j'étais sage comme une image. Ils ne semblaient pas comprendre ce qu'il m'arrivait à cette
période de ma vie.
Et c'est pourtant là que tout a commencer à basculer dans ma vie!...
PARTIE 2 :
En effet, c'est à l'adolescence que j'ai commencé à être incontrolable. De plus,
étant enfant unique, on peut dire que je pouvais avoir tout ce que je désirais. A cette période, je me lançais donc dans le chantage avec mes parents en les menaçant de quitter la maison ou bien
de faire descendre en flèche la popularité de la famille par n'importe quel moyen. Désespérés par mon attitude, ils décidèrent de m'envoyer dans une pension catholique très stricte. Je
n'appréciais guère cette décision et fit mon possible pour me faire expulsé de l'établissement. Pourtant à chaque tentative, toutes plus risquées les unes que les autres, j'étais toujours
réintégrée. Ce n'est que plus tard que j'appris qu'à chaque fois, mes parents payaient plus cher afin que le pensionnat me garde. Vu le nombre de tentatives, je préfère ne pas imaginer le prix
qu'ils payaient pour moi en fin de scolarité !...
C'est également à cette période que je commençais à m'intéresser, comme toutes les jeunes filles de mon âge (vers 15 - 16 ans) aux garçons. Mais, quelques temps plus tard, je me dis que j'aurais
peut-être mieux fait de ne pas m'y intéresser...
Certains jours dans la semaine, nous avions droit à une permission pour sortir du pensionnat. Et un garçon, Aaron, qui me plaisait beaucoup me proposa d'aller boire un coup dans une taverne. Nous
étions tous deux mineurs, il ne nous était donc pas aisé d'aller dans ce genre d'endroit. Nous tentâmes tout de même l'expérience et ce fut un succès, nous ne fîmes même pas remarqués. Ce jour
là, nous avons beaucoup parlé, beaucoup rit et ... beaucoup bu. L'heure tournait et je me rendis compte au bout d'un bon moment que cela faisait plus de deux heures que nous aurions dû être
rentrés au pensionnat. Nous partîmes donc précipitamment de la taverne. Mais, à notre arrivée au pensionnat, les portes étaient fermées et la grille, bien trop haute, était impossible à escalader
!... Nous décidames donc de retourner en ville afin de trouver un endroit où dormir. L'accueil auquel nous eumes droit ne fut guère chaleureux. La plupart des auberges étaient complètes ou ne
voulaient pas nous héberger parce qu'elles remarquaient que nous étions mineurs. Nous avons donc, au final, passé cette nuit dans la rue, dans un petit coin où, en théorie, personne n'aurait pu
nous trouver...
Mais, malheureusement pour moi, quelqu'un nous trouva!
Alors que nous nous blotissions l'un contre l'autre pour nous réchauffer, je vis un homme approcher vers nous. Cet homme était très grand, il paraissait assez fort mais, relativement âgé par
rapport à nous. Il devait avoir une quarantaine d'années. Il s'arrêta non loin de notre "couchette", alluma une cigarette, nous observa et avança de nouveau. Je sentais mon ami qui tremblait. Il
avait l'air terrorisé. Je ne sais pourquoi mais moi, je me sentais bien. Après tout, ma famille était toujours aussi respéctée alors, pourquoi me ferait-on du mal !??? L'homme n'était maintenant
plus qu'à quelques mètres de nous. Il pointa son doigt vers Aaron en lui disant :
- TOI! Dégage!!...
Réellement effrayé, il s'exécuta et se mit à courir en direction du pensionnat. //Courageux mais pas téméraire !!//
pensai-je. Et voilà que je me retrouvai seule face à cet homme.
- Alors jeune demoiselle, ce n'est pas prudent de se promener seule dans les ruelles sombres!!...
- En fait, jusqu'à maintenant, je n'étais pas seule !! Mais ... vous l'avez fait fuir !!... Pourquoi d'ailleurs !???
- Héhé!! Pour pouvoir me retrouver seul avec toi bien sûr ! Tu es si belle, si jeune et si ... insouciante !...
- Je ne suis pas tout ce que vous dites !... Maintenant, laissez-moi tranquile ! Je veux dormir. dis-je sur un ton plus que
déterminé.
- Oh mais, je t'en prie, dors et surtout, fais pleins de beaux rêves!...
La voix de l'homme avait quelque chose de sadique mais, à cet âge, je ne m'en rendais pas vraiment compte. Il s'éloigna alors de moi. Je me recouchais donc et
essayais de m'endormir. C'est alors qu'une main se posa avec violence sur ma bouche, m'empêchant d'hurler. Lorsque j'ouvris les yeux, je vis avec effroi que l'homme était revenu. Il avait dans le
regard quelque chose de pervers et cela se confirma dans la suite de cette nuit. Il arracha une des manches de sa chemise afin de m'en faire un baillon. Une fois ses mains libérées, il commença à
oter mon pantalon. J'essayai de crier mais, aucun son ne sortait, je me débattais mais, il était bien plus fort que moi, je ne pouvais rien faire et je voyais l'homme qui commençait à enlever son
pantalon puis ses sous-vêtements. J'étais terrifiée, je ne savais pas exactement ce qu'il allait m'arriver...
L'homme me viola, cela me sembla durer une éternité.
Lorsque je me réveillai avec le levé du soleil, l'homme avait disparu. Il m'avait rhabillé et avait laissé près de moi un lys noir.
Je me levais. J'avais des douleurs dans tout le corps mais tout particulèrement sous
la ceinture. Je me sentais mal, souillée et je me dégoutais. //Comment ai-je pu le laisser faire !??? Cette fichue phrase, "Si on te giffle, tend l'autre joue"
prend ici tout son sens !! Elle ne sert à rien !//
Je commençais à reprendre le chemin du pensionnat puis, me rendant compte que j'étais dehors, libre de toutes ces contraintes, je fis demi-tour et me mis à
courir sans but précis, sans savoir où j'allais...
PARTIE 3 :
Tout en courant, je repensais à ma famille que j'abandonnais en même temps que ce fichu pensionnat. Je voulus faire demi-tour pour aller chez mes parents mais
ils sauraient alors ce qui m'est arrivé cette nuit et ça, je ne le voulais pas. Personne ne devait savoir. C'était pour moi indispensable que tout cela reste secret. C'était une preuve de
faiblesse de ma part de m'être ainsi laissée faire.
Je courrais et courrais, à en perdre haleine. Lorsque je m'arrêtais enfin, se fut pour me retourner sur le village afin de le quitter. Une petite larme coula le long de ma joue. J'étais tout de
même triste de quitter tout ce que j'avais construit ici jusqu'à maintenant. Mais, je ne pouvais vraiment pas rester ici.
// Vais-je pouvoir me débrouiller seule ?? Il le faut bien ! //
Je me remis à courir... J'arrivais dans une forêt. Elle me paraissait très sombre mais, je m'introduis tout de même dedans. Je n'avais pas d'autre endroit où
aller.
Epuisée et assoiffée, je cherchais un point d'eau afin de me reposer un peu. J'en trouvais un non loin de l'entrée de la forêt. Me sentant toujours aussi souillée, j'ôtais mes vêtements et me
baignais dans le petit ruisseau.
J'entendis alors des pas derrière moi. Je me retournais, effrayée, tout en mettant les mains sur les parties intimes de son corps. Des images et des souvenirs de la nuit précédente me hantaient
et me revenaient en pleine figure, c'était insupportable.
Un homme se tenait là, devant moi. Il était grand, jeune (une vingtaine d'année apparemment) et plutôt
charmant. Je l'observais avec un petit sourire. Il n'avait pas l'air méchant et m'observait avec intérêt. On aurait pu croire qu'il n'osait pas me parler. Il me regardait avec
insistance.
- Qu'avez-vous à me regarder ainsi??
Il recula d'un pas lorsque je lui parlais. //Aurait-il peur de moi !???// Il s'asseya alors au sol, en tailleur, me
regardant toujours.
Il m'intriguait vraiment et visiblement, moi aussi !
- Vous ne parlez pas !??
Il posa ses mains au sol derrière lui, s'étirant.
- Si !! Je parle ! Mais l'instant est trop beau et ne mérite pas d'être dérangé par des paroles inutiles !...
Sa voix était douce et ses paroles me parurent flotter. Il ne voulait pas parler mais moi, je ne voulais que ça ! Je voulais tout savoir sur lui. Il m'avait
l'air si intéressant... J'espérai que ce qu'il était n'était pas qu'une apparence. Alors qu'il détourna le regard un instant, j'en profitais pour sortir de l'eau, me rhabiller et venir m'assoire
près de lui. Il sembla surpris de ma démarche et s'écarta un peu de moi.
- Je vous fait peur !???
- Non !
//Pas très causant mais ... tellement charmant !!//
Il restait assez écarté de moi. Même la Lune ne l'éclairait pas. Il était comme terré sur lui-même. Je m'allongeai, me reposant un
peu...
PARTIE 4 :
Sans même m'en rendre compte, je m'endormis en ce lieu magnifique. A mon réveil, l'homme était toujours près de moi
et m'observait. Il semblait ne pas avoir bougé d'un cil.
- Cela fait-il longtemps que je dors ainsi et que vous m'observez ??
Je n'eus pour réponse qu'un léger sourire en coin. Ce sourire était vraiment charmeur...
L'homme m'intriguait de plus en plus. Je ne comprenais vraiment pas pourquoi il ne parlait pas.
Au moment où je me levai, je sentis mon estomac se tordre et un grognement m'échappa. Je regardais l'homme génée ; lui, m'obsevrait toujours, amusé.
- Moi aussi, j'ai faim !...Son sourire était de plus en plus grand. Et ... il avait parlé sans même que je lui adresse la parole. //Un bon point ça !!//
Je lui retournai son sourire.
- Savez-vous ce que je pourrais manger dans cette forêt ?? Je ne suis vraiment pas persuadée de savoir me débrouiller dans ce domaine !...
Une fois de plus, il parrut amusé. Les réactions de cet homme étaient bizarres et il mettait de plus en plus de temps à répondre à mes questions. J'étais
légèrement irritée car ma faim, elle, ne se calmait pas avec le temps. Ce n'est qu'après un nouveau grognement de mon estomac qu'il répondit.
- J'ai bien une idée de ce que moi je veux manger mais, je ne suis vraiment pas convaincu que cela vous plaise...
- Je ne comprends pas ce que vous voulez dire !... Il doit bien y avoir des choses à chasser dans le coin !?? Je peux fabriquer des armes s'il le
faut...A ces mots, je me penchai vers une branche un peu pointue que j'avais apperçut près de moi, à l'opposé de l'homme.
Quand je me tournai de nouveau vers lui pour lui montrer le substitut d'arme que j'avais trouvé, il avait disparu. //Je ne l'ai même pas entendu bouger !...
Comment cela est-il possible !??//
Je comprenais de moins en moins ce qui m'arrivait. //Peut-être ai-je tout simplement rêvé tout cela... Mais ... ça me
paraissait si ... réel !...//
Je me concentrais alors sur la petite branche pointue et avec un silex que je trouvai au bord du point d'eau, je commençai à l'effilé de plus en plus afin
qu'elle soit telle une pointe. Alors que je grattais, grattais et grattais la branche sans faire attention à ce que je faisais, repensant encore et encore, la branche me cassa dans les
mains. //Zut !//
Je regardais alors le silex et me dis que cette arme là était peut-être mieux finalement. Bien plus solide en tout cas... Je montais alors à l'arbre près de moi
(sous lequel s'était allongé l'homme mystérieux) et cassais une branche bien plus solide. Une fois redescendue, je récupérais le silex que j'essayais de fixer au bout de la branche grace à des
morceaux de tissus provenant de mes vêtements. Il me sembla être prête pour commencer une petite chasse.
Je m'enfonçais donc plus profondément dans la forêt, quittant mon point d'eau. //J'y reviendrais surement mais ... la faim me tuera ! Il faut que je
mange !//
J'avançais donc, à pas feutrés, à travers les bosquets. Peu d'animaux se trouvèrent sur mon chemin. Le seul que je réussi à trouver enfin fut un lapin ou un
lièvre, je ne savais pas trop faire la différence mais, cela m'importait peu. Maintenant que j'avais repéré la proie, il fallait tuer... Le moment le plus difficile pour moi. Je ne voulais même
pas voir les servantes déplumer un poulet à la maison et maintenant, il fallait que je tue... 
Je guettais le lapin un instant, il ne bougeait pas beaucoup. Cela me fallicitera la tâche. Il se mit alors à faire sa toilette, me tournant le dos. //Parfait
!// Je sortis de ma cachette d'un bond et me jetais sur le lapin, l'arme pointée vers lui. Je me fis plus violente que jamais. Je n'aurais jamais
soupçonné ça de moi ! Je ne me souviens pas bien des détails de ce "Meurtre" et à dire vrai, je préfère ne pas me les remémorer. Lorsque je me redressais enfin, le lapin était bien mort, les
trippes sortant de son ventre. //Et dire que c'est moi qui ai fait ça !... J'ai du mal à y croire !... Bon ... Maintenant, il faut te faire cuire !!...
Allumette !???//Je fouillais dans mes poches. J'en sortis une petite boîte que je secouais. Un très léger bruit se fit entendre. Je l'ouvris. Une
allumette seulement. //Je ne vais pas aller bien loin avec ça !!... // Je remis la boîte dans ma poche, pris le lapin
sur mon épaule et me dirigeais de nouveau vers mon point d'eau. Du sang dégoulinait sur mon épaule et le long de mon dos. Il était chaud, cela me faisait du bien car la nuit était bien là
maintenant et elle était très fraiche.
Sur mon chemin, je ramassais quelques brindilles sèches afin de me faire un feu. De retour au point d'eau, je posais le lapin et rassemblais les branches. Je ressortis mon unique allumette que
j'allumais. Ma crainte fut qu'elle craque et s'éteigne aussitôt mais elle tint le coup et je pus allumer mon feu. J'embrochais ma proie sur une branche et la fis rotir à tours de bras.
Après plusieurs minutes de cuisson, à tourner et retourner la bête, je la gouttais. Elle était parfaite; pour l'endroit et la situation en tout cas ! La première étape de ma vie en solitaire dans
la forêt venait d'être franchie. Je réussis non sans mal à me persuader alors que je pouvais vivre seule, en me débrouillant. Bien que la chasse ne soit pas la seule épreuve à laquelle j'aurais à
être confrontée....
PARTIE 5 :
Après plusieurs années, restée toujours à l'entrée de la forêt, où je réussis à me
débrouiller seule, avec la chasse et mon point d'eau (et la petite cabane de fortune que je m'étais fabriquée), il m'arrivait toujours de penser quelques fois à mes parents. J'étais là, à me
demander s'il leur arrivait de penser à moi et s'ils avaient cherché à me retrouver mais ... cette réponse, il me semble que je l'attends toujours...
Je ne revis pas non plus l'homme mystérieux.
Pas jusqu'à ce jour en tout cas.
Ce jour où, une nouvelle fois, un changement se passa dans ma vie.
Nous étions le 16 juin. Le soleil avait été très haut dans le ciel toute la journée et la chaleur avait été accablante. Je fus bien heureuse de voir la nuit arriver... La nuit était à la fois
fraîche et douce. Il était maintenant environ 22h et dans 16 minutes, sonnerait l'heure de mes vingt ans... J'allais les fêter seule, comme tous mes autres anniversaires. Mais, je ne sus pas
vraiment pourquoi, je fus plus perturbée par ce jour là. Peut-être que les vingt ans étaient quelque chose d'important pour moi. Il faut dire que cela marquait un virage important dans la vie
d'une jeune femme. La maturité, le mariage ... l'amour. Mais ... tout cela, je ne l'avais pas encore rencontré. La maturité me fut imposée mais ... le reste. Peut-être cela m'attendra-t-il au
coin d'un chemin de cette forêt mais ... j'en doute...
Alors que je me demandais si je ne ferais pas mieux de quitter cette forêt pour retourner en ville, j'entendis un bruit dans l'eau derrière moi. Je me retournais rapidement et vis, dans "mon"
point d'eau l'homme de mes premiers jours ici, en train de se baigner. Il semblait ne pas avoir vieilli d'une année. Je ne pus empêcher un immense sourire de se dessiner sur mon visage. Non
seulement cela me faisait plaisir de voir quelqu'un ici mais surtout, le voir lui !... Il était toujours aussi beau et mystérieux. Je ne lui adressais pas un mot et me dirigeais vers mon feu (que
j'ai appris à allumer avec des silex !! Car, le feu allumé par l'alumette n'a pas durer bien longtemps !!) Je pris une de mes proies mortes qui pendait à la branche d'un gros chêne et
l'embrochais afin de la faire cuire. Pour ma soirée de "fête", ce serait biche aux champignons crus. (J'ai aussi appris à distinguer les racines comestibles même si cela me coûta de nombreuses
douleurs d'estomac et même quelques pustules indésirables !) Je ne prêtais aucune attention à l'homme, appliquant ce qu'il m'avait fait la première fois. Nous verrons s'il viendra me parler
!...
//Cette fois, il ne s'enfuira pas à cause du repas !!!!//pensais-je.
Je m'assieds au bord du feu, l'observant nager. Il était si gracieux que s'en était presque déconcertant. Il paraissait ne faire qu'un avec l'eau. Je mourrais d'envie de le rejoindre mais, je ne
voulais pas le faire fuir. Je restais donc là, attendant qu'il fasse le premier pas.
Mon festin était maintenant près et l'homme nageait toujours sans me prêter aucune attention. Cela faisait près d'une heure qu'il était là ! Je me décidais donc à lui parler manquant à ce que je
m'étais promis (l'attendre !).
- Avez-vous faim !?? J'ai à manger pour quatre au moins !!
Il s'arrêta de nager un instant, me regardant avec des yeux très mystérieux, à l'image de tout son être. Seule sa tête émergeait. On aurait vraiment pu croire
qu'il n'avait pas de corps. Il sembla hésiter puis, après quelques secondes où nos regards ne se lâchèrent pas, il sortit de l'eau. Il était en caleçon et torse nu. Sa sortie fut des plus
gracieuse et j'observais avec délectation l'eau dégouliner le long de son corps.
- Si vous avez cuisinez une partie bien saignante, cela m'ira parfaitement !...
Je le regardais avec le plus grand des sourires que je pouvais offrir.
- Il me semble que tout a été cuit à peu près de la même façon mais ... vous devriez bien trouver un morceau à votre goût !
Il observa la biche et chercha un endroit moins cuit que les autres. Il ne sembla pas trouver grand chose qui lui plaise mais pris tout de même un bon morceau.
Je voyais bien à sa tête que tout cela était trop cuit pour lui mais, je ne dis mot. S'il voulait quelque chose de saignant, il fallait sortir de l'eau avant !!!!
Durant le repas, nous n'échangeâmes pas un seul mot. Il arrivait que nos regards se croisent mais cela était rare. Il m'intimidait et je me demandais pourquoi il avait refait irruption
aujourd'hui, après tant de temps et surtout en ce jour précis...
Mon esprit était torturé entre l'envie de lui poser toutes ces questions et l'envie de préserver ce silence pesant mais tellement agréable.
Une fois que nous eûmes tout deux terminé notre festin, il me prit le visage dans les mains et le releva doucement vers lui, me forçant à le regarder dans les yeux.
- Merci pour ce délicieux repas et pour cet agréable moment.
Je ne pus lui répondre, intimidée par la profondeur de son regard si intense.
Il se leva et ajouta alors :
- Je te souhaite un très bon anniversaire. J'espère que cette soirée t'a été agréable...
J'allais le remercier pour tout cela lorsque la phrase qu'il venait de prononcer fit le tour de mon esprit. //Mais ...
comment sait-il ?? Je ne lui ai jamais vraiment parlé ! Pas de ça en tout cas, j'en suis sûre !// Avant même que j'eus le temps de chercher une autre
réponse plausible, il se pencha sur moi et m'embrassa d'un délicat baiser du bout des lèvres. Instinctivement, mes yeux se fermèrent à ce contact si doux mais, je ne compris pas exactement la
raison.
Un bruit de vent dans les feuilles des arbres, je rouvris les yeux... Personne. Une fois de plus, il avait filler sans rien dire de plus.
Je restais là, avec le gout si parfait de ce baiser si furtif.
PARTIE 6 :
Je repensais souvent à mes parents sans jamais
avoir l'envie d'aller les voir. Avec le recul, je me disais que si vraiment ils avaient voulu me retrouver, ils auraient fouillé terre et mer mais, ils ne sont même pas arrivés jusqu'à la forêt à
la sortie du village ! Alors... je ne vois pas pourquoi je me déplacerais pour des gens qui m'ont probablement oublié ou remplacé.
Cependant, je repense sans cesse au baiser de "l'homme mystérieux". Je rêve souvent de lui. Et à chacun de mes anniversaires, j'espère qu'il refera une apparition mais, cela fait aujourd'hui cinq
ans qu'il a de nouveau disparu et mon coeur se meurt à l'attendre en vain.
Personne d'autre à l'horizon. Je serais presque désespérée si je n'avais pas cet espoir à toute épreuve qui me ronge à petit feu. Cet homme est pour moi si parfait que je ne peux me restreindre à
l'oublier et je ne fais que penser à lui.
Je l'ai cherché dans la forêt, me disant qu'il habitait probablement là mais ... je ne l'ai jamais trouvé.
Une autre pensée m'avait envahie. //Peut-être apparaît-il tous les cinq ans !...// C'est à peu près l'écart de temps
qu'il y eut entre nos deux rencontres. Je ne pouvais donc m'empêcher d'espérer que bientôt, il me reviendrait. Et alors, je ne le laisserais pas partir aussi facilement !...
Nous étions de nouveau le 16 juin et la journée avait été un peu plus fraîche que 5 ans auparavant. Je fêtais ce soir mes 25 ans et par la même occasion, mes 10 ans de solitude. Cette situation
commençait réellement à me peser. Je ne savais pas trop si je réussirais à le supporter encore bien longtemps... Il le fallait pourtant. Je n'avais pas très faim ce soir là, étant un peu déprimée
par toutes ces pensées qui me rongeaient la vie.
Mais bientôt, la vie ne sera plus un problème !...
Je tournais en rond près du point d'eau, sans trop savoir que faire pour oublier tout ça et me changer les idées. Après une dizaine d'aller-retour sans résultat, à regarder le sol, je fonçais
dans quelqu'un que je n'avais entendu arriver. Je levais doucement la tête. Je croyais rêver... C'était bien lui ! Il était là, face à moi, bien réel (je l'espérais du moins.).
Sans réfléchir à mes actes, je lui sautais dans les bras et lui donnais un baiser sur la joue. Il ne pouvait ainsi douter de mon impatience et de mon envie de le revoir.
Encore une fois, il ne dit mot.
- Juste une question !... Ou plutôt deux ! Je peux ??
- Oui dit-il tout en restant stoïque.
Malgré sa réponse, j'hésitais. Je ne voulais l'accabler et gâcher les moments futurs de cette soirée qui s'annonçait.
- Comment vous appelez-vous ?? Et pourquoi apparaître ainsi face à moi tous les cinq ans ?? J'avoue ne pas comprendre !...
Un très léger sourire se dessina sur ses lèvres. Je crus fondre mais, je ne bougeais pas, attendant avec impatience cette réponse...
- Je me nomme Yanis. Il alla s'installer près du feu sans rien ajouter.
Je le regardais stupéfaite.
- Et ... la réponse à l'autre question !?? demandais-je timidement.
- J'attendais que tu sois fin prète...
- Prête !?? Mais ... Prête pour quoi !??
Il ne me répondit point. Je lui proposais quelque chose à manger. Il accepta sans un mot mais m'empêcha simplement de faire cuire le morceau de
viande.
- Tu es prête maintenant ! J'en suis persuadé !
Je ne le comprenais absolument pas mais, je me sentais tout de même proche de lui. Tout cela était si ... paradoxal. Je ne voulais pas en rester là. Et, comme je
l'ai déjà dit, je ne comptais pas le laisser partir aussi facilement cette fois-ci.
Lorsqu'il eut fini de manger, je lui proposais une baignade qu'il refusa. Je lui proposais alors une promenade dans la forêt. Il me répondit :
- Je connais déjà bien assez cette forêt mais ... je te connais si peu !
- Il n'y a pas grand chose à connaître sur moi !!...
- Je suis pourtant persuadé du contraire. Je pense savoir tout ce que tu as vécu... Et je ne comprends pas que depuis toutes ces années, tu n'ais pas cherché à te
venger de cet homme...
Jamais il n'avait autant parlé et je n'étais pas certaine que ses paroles fussent bien en rapport avec ce souvenir douloureux que j'avais tout fait pour
oublier. //Comment peut-il être au courant de ça !?? Ca non plus je ne lui ais jamais dit. Il sait tant de choses sur moi alors que j'ignore tout de
lui...// C'était à la fois excitant et très déroutant. Je ne pouvais m'empêcher de me sentir comprise mais à la fois épiée, je ne sais comment.
Je ne répondis point, ne sachant si je devais me braquer ou m'ouvrir à lui. Il continua alors.
- Je peux t'offrir une vie pour te venger de lui si tu le souhaites !...
Une fois de plus, je ne compris pas. Je me levais et allais m'assoire près de l'eau, mettant mes pieds dedans. Il s'approcha doucement derrière moi et sans
prononcer un mot, commença à me masser le dos, dénouant toutes les tensions accumulées depuis un certain temps.
Petit à petit, ses mains se firent plus douces et plus aventureuses. Il passa sous mon corsage, le défaisant soudain. Je ne dis rien et me laissais faire.
- Tu as vécu des choses horribles. Il est temps que tu goûtes à la tendresse, au désir et à l'amour...
Je posai tendrement ma tête sur son épaule n'ajoutant rien. J'avais une vague idée de ce qui allait se passer mais, ne sachant absolument pas m'y prendre, je le
laissais.
Il continua ses caresses, étant de plus en plus audacieux. Il passait de temps à autre sur mes seins puis, il descendait bien plus bas. Sans même m'en rendre compte, je me retrouvai nue devant
lui. Bizarrement, je ne ressentie aucune gêne. La situation n'avait rien à voir avec mon souvenir. J'avais l'envie d'aller plus loin... Mais, je ne savais toujours pas m'y prendre.
Il se déshabilla à son tour et après quelques minutes de rapprochement et de caresses toutes plus agréables les unes que les autres, nous ne fîmes plus qu'un. Nos deux corps se mariant
parfaitement dans une étreinte que je n'aurais pu imaginer.
Une fois ce moment magique terminé, il me regarda avec tendresse et me fit de nombreux baisers dans le cou. La fatigue commençait à m'accabler et je m'endormis au dernier de ses baisers.
A mon réveil, j'étais allongée sur ma couchette, dans ma cabane, nue. Je supposais qu'il m'avait déposé là puisque je ne me souvenais pas y être venue seule. Yanis avait bien sûr disparu, me
laissant encore une fois un souvenir inoubliable. Je sortis de la cabane afin de manger quelque chose et de me désaltérer un peu. Le jour se levait à peine. Je m'approchais du point d'eau pour
boire. Je fus prise de panique lorsque, approchant mon visage de l'eau, je ne vis pas mon reflet...
FIN
© dyn
Image © Victoria Francès